Certaines villes s’imposent à l’œil avant même qu’on ait sorti l’appareil photo. Prague en mai, c’est ça : une lumière douce sur des façades ornementales, des courbes Art nouveau partout où se pose le regard, et l’impression de marcher dans un décor trop beau pour être réel.
L’Art nouveau a laissé à Prague certaines de ses traces les plus spectaculaires d’Europe. La Maison Municipale (Obecní dům), avec ses peintures d’Alfons Mucha et ses volumes majestueux, est peut-être l’exemple le plus connu, mais le vrai plaisir est de dériver dans les rues du quartier de Josefov ou de Vinohrady, où les immeubles de rapport rivalisent de détails sculptés, de mosaïques, de ferronneries ouvragées.
Mucha, justement : son musée à Prague permet de comprendre pourquoi ce Morave d’adoption a révolutionné l’art graphique. Des affiches aux grands cycles historiques, ses compositions, ligne arabesque, figures féminines, palettes pastelles, sont fascinantes à observer de près.
Ce voyage était aussi un exercice de lenteur photographique. Ne pas chercher à tout capturer. Attendre la lumière du matin sur telle façade, revenir au même endroit à différentes heures. Laisser la ville dicter le rythme plutôt que l’inverse.
Prague donne envie de revenir. Et l’appareil en bandoulière, c’est peut-être la meilleure façon de la lire.





























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